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PLF 2027 : croissance, dette, dépenses… les priorités économiques du gouvernement

Par EL BARHRASSI Meryem -le

PLF 2027 : croissance, dette, dépenses… les priorités économiques du gouvernement
Le cadrage du PLF 2027 fixe le cap économique des prochaines années. Le gouvernement mise sur une croissance de 4,1% en 2027, un déficit contenu à 3% du PIB et une baisse progressive du poids de la dette publique.

Le Maroc prépare son budget 2027 avec un objectif clair : poursuivre la croissance tout en resserrant la gestion des finances publiques. Le cadrage macroéconomique accompagnant le Projet de loi de finances prévoit une progression du PIB de 4,1% en 2027, après une année 2026 attendue beaucoup plus dynamique.

 

Dans le même temps, l’Exécutif entend maintenir le déficit budgétaire à 3% du PIB jusqu’en 2029 et réduire progressivement le ratio d’endettement du Trésor. Cette trajectoire s’accompagne d’un mot d’ordre pour les administrations : mieux cibler les dépenses et limiter les charges jugées non prioritaires.

 

2026 revue à la hausse

 

Avant le ralentissement attendu en 2027, l’économie marocaine devrait connaître une nette accélération cette année. La prévision de croissance pour 2026 a été relevée à 5,3%, contre 4,6% initialement anticipés et 4,9% en 2025.

 

Cette révision repose largement sur le rebond attendu du secteur agricole. Sa valeur ajoutée devrait progresser de 15,1% en 2026, contre une estimation initiale de 7,9%. Les activités non agricoles conserveraient également une dynamique soutenue, avec une hausse de 4,1%.

 

L’inflation resterait, de son côté, relativement contenue. Après 6,1% en 2023, elle est revenue à 0,9% en 2024 puis à 0,8% en 2025. Elle devrait s’établir à 1,5% en 2026, dans un contexte marqué par le maintien de plusieurs dispositifs de soutien aux prix et aux coûts de production.

 

Une croissance de 4,1% attendue en 2027

 

Après le rebond de 2026, le rythme devrait se normaliser. Le gouvernement table sur une croissance de 4,1% en 2027, puis de 4,2% en 2028 et en 2029.

 

Le secteur agricole devrait perdre une partie de son élan dès l’année prochaine. Sa valeur ajoutée ne progresserait que de 1,2% en 2027, avant de retrouver des rythmes de 4,3% en 2028 et de 4,4% en 2029.

Les activités non agricoles offriraient davantage de stabilité, avec une croissance attendue de 4,3% en 2027, puis de 4,2% les deux années suivantes.

 

Ces projections restent toutefois exposées aux incertitudes internationales. Les tensions géopolitiques et les fluctuations des cours de l’énergie continuent de peser sur les perspectives mondiales, même si le dynamisme des secteurs non agricoles offre un soutien à l’économie nationale.

 

Un déficit plafonné à 3% du PIB

 

Le gouvernement entend parallèlement maintenir le cap sur l’assainissement des finances publiques. Le déficit budgétaire devrait rester limité à 3% du PIB en 2027, 2028 et 2029, soit le même niveau retenu pour 2026.

 

La dette du Trésor doit également suivre une trajectoire descendante. Son poids devrait passer de 66,6% du PIB en 2025 à 63% à l’horizon 2029.

 

À fin juin 2026, son encours atteignait 862 milliards de dirhams, contre 845 milliards en 2025 et 812 milliards en 2024. La poursuite de cette hausse en valeur absolue renforce l’enjeu d’une réduction progressive du ratio rapporté au PIB.

 

Dépenses publiques : l’heure au resserrement

 

Le PLF 2027 place aussi la rationalisation des dépenses au centre de la préparation budgétaire. Les créations de postes dans la fonction publique devront être limitées aux besoins jugés nécessaires à l’amélioration des services publics.

 

Le gouvernement privilégie également le redéploiement des postes existants, notamment pour répondre aux déficits constatés dans certains territoires ou secteurs.

 

Les administrations sont par ailleurs appelées à réduire leurs dépenses de fonctionnement. Sont notamment visées les consommations d’eau et d’électricité, les locations de véhicules, les frais liés aux locaux administratifs ainsi que les dépenses de transport et de déplacement.

 

Les coûts d’hôtellerie, de réception, de conférences, de séminaires et de cérémonies devront eux aussi faire l’objet d’un suivi plus strict.

 

Des investissements davantage ciblés

 

Du côté de l’investissement public, la priorité sera donnée aux projets faisant l’objet d’orientations royales, à ceux inscrits dans des conventions signées devant le Roi ainsi qu’aux engagements conclus avec les institutions internationales et les pays partenaires.

 

Les subventions d’investissement accordées aux établissements et entreprises publics seront également davantage conditionnées à l’état d’avancement des projets et à la situation de leur trésorerie.

 

La préparation foncière devra, elle aussi, intervenir plus tôt. Le gouvernement souhaite que la situation juridique des terrains destinés aux nouveaux projets soit réglée en amont afin d’éviter les blocages susceptibles de retarder leur réalisation.

 

Stabilité fiscale et contrôle douanier renforcé

 

Sur le volet fiscal, le gouvernement entend privilégier la stabilité après la mise en œuvre des principales réformes prévues par la loi-cadre n°69-19.

Le cadrage prévoit également l’application des garanties fiscales accordées à la FIFA dans le cadre de l’organisation de la Coupe du monde 2030.

 

En matière douanière, plusieurs chantiers sont annoncés. Le contrôle des produits pétroliers doit être renforcé, tout comme le marquage fiscal et la traçabilité des flux.

 

L’entrée en service de Nador West Med et la modernisation de Tanger Med figurent également parmi les dossiers à accompagner. L’administration douanière entend par ailleurs recourir davantage à l’intelligence artificielle pour lutter contre la fraude, améliorer le ciblage des contrôles et renforcer la surveillance des flux de marchandises et de voyageurs.

 

Quatre priorités pour 2027

 

Le cadrage du PLF 2027 s’articule autour de quatre grandes orientations : consolider les acquis économiques, accélérer la réduction des disparités sociales et territoriales, poursuivre le renforcement de l’État social et mener les réformes structurelles tout en préservant les équilibres budgétaires.

 

Le prochain budget devra donc arbitrer entre deux impératifs : continuer à financer les politiques publiques et les grands investissements, tout en contenant le déficit et l’endettement. Un exercice d’équilibre qui constituera l’un des principaux enjeux du PLF 2027.


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